ATE, ASEM, Gardien-nes et arrêts maladie ?
Hausse des arrêts maladie, augmentation des accidents de travail, épuisement professionnel généralisé... Et si l'on posait enfin les vraies questions ?
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ARRETS MALADIE :
ET SI L'ON POSAIT ENFIN LES VRAIES QUESTIONS ?
Paris, le 13 avril 2026
Depuis 2025, la France connaît une hausse significative des arrêts maladie.
En 2025, le coût des arrêts maladie atteint environ 18 milliards d’euros sur l’année.
Un salarié sur quatre a eu au moins un arrêt maladie. Les troubles psychologiques (dépression, anxiété, burn-out) représentent désormais plus d’un tiers des arrêts maladie.
Dans un contexte de dette publique, la recherche d’économies devient une priorité, et aujourd’hui, les arrêts maladie apparaissent comme une cible.
À travers certaines réformes et discours, une idée s’installe : celle d’abus, de fragilité, voire de manque d’engagement des agents.
Une interrogation s’impose alors, avec toute la mesure nécessaire ; sur quel fondement peut-on remettre en cause la décision d’un médecin ?
L’arrêt maladie résulte d’une évaluation clinique réalisée par un professionnel de santé qualifié, formé et titulaire de diplômes reconnus. La santé ne se limite pas à ce qui est visible : elle peut être silencieuse, invisible, mais profondément atteinte.
En dehors des chiffres et des contrôles, c’est la réalité quotidienne des agents de terrain qui devrait attirer leur attention.
Ceux qui sont en première ligne, les premiers exposés, les premiers mis en cause, les premiers sanctionnés.
Ceux qui subissent la pression, l’intimidation, parfois l’acharnement, dans un climat devenu anxiogène, renforcé par une médiatisation des suspensions dès le moindre signalement.
Des difficultés sur le terrain connues et dénoncées.
Des ATE contraints de travailler en présence de travaux, exposés à la poussière, aux produits chimiques…
Des salles de repos dégradées, humides, parfois insalubres, souvent trop petites, encore en présence de machines générant des nuisance physique et thermique pour la santé.
Des agents amenés à travailler sans chauffage en période hivernale, au motif d’économies, notamment pendant les vacances scolaires avec regroupement de centre de loisirs.
Encore trop d’écoles sans ascenseur, en particulier les plus anciennes, imposant des contraintes physiques
répétées.
Des situations aberrantes : des ASEM contraintes d’utiliser des buanderies situées à l’étage, sans ascenseur,alors que les espaces de restauration sont au rez-de-chaussée.
Sans véritable réaction, comment s’étonner :
De la hausse des arrêts maladie ?
De l’augmentation des accidents de travail ?
De l’épuisement professionnel généralisé ?
Les arrêts maladie ne sont pas une faute. Ils sont un signal. Plutôt que de suspecter, d’accuser ou de laisserentendre des abus, interrogeons-nous sur les causes : les conditions de travail, l’organisation des services, lerespect et la considération des agents.
Posons-nous enfin les bonnes questions : pourquoi les agents tombent-ils malades ?
Alors que fait réellement la Ville de Paris pour préserver leur santé ?
Car le véritable enjeu n’est pas de pointer du doigt celles et ceux qui s’arrêtent.
Il est donc temps de créer les conditions pour qu’ils n’aient plus à le faire.






