Déclaration liminaire UNSA en CST Central du 15 avril 2026 !

Déclaration liminaire UNSA en CST Central du 15 avril 2026 !

AGOSPAP, ASPP, PSC, logement, déprécarisation, égalité femmes-hommes, reconversion, prévention des RPS, indemnité télétravail, monétisation des jours de CET, médailles communales, déménagement de la DRH porte d'Italie, DASCO, DFPE, DSP, DSOL, DPMP, DPE, DEVE


CST CENTRAL DU 15 AVRIL 2026
DÉCLARATION LIMINAIRE UNSA

 

A Paris, le mercredi 21 avril 2026

 

En préambule de notre déclaration liminaire, si Monsieur Le Maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué que le dialogue social était sa priorité, l'UNSA relève que Monsieur Le Maire de Paris est arrivé en retard et est parti en avance de cette instance, sans prendre le temps d'écouter les questions de l'ensemble des organisations syndicales, dont celles de l'UNSA.

 

Monsieur le Maire, Madame la Maire adjointe, Mesdames, Messieurs,

 

Monsieur le Maire, l’UNSA vous remercie de présider ce premier CST Central en présence de votre adjointe chargée des ressources humaines et du dialogue social. Cette initiative est particulièrement importante pour le dialogue social des six prochaines années. Naturellement nous aimerions que vous y assistiez régulièrement. Votre présence et votre engagement sont l’élément essentiel du dialogue social.

 

L’UNSA interviendra naturellement sur les points d’insatisfaction qui doivent être traités et nous l’espérons améliorés voire réglés à l’occasion de cette prochaine mandature.

 

Un certain nombre de sujets ont été évoqués lors du dernier CST Central du 19 février 2026 sans pouvoir être examinés ou réexaminés compte tenu de la fin de la mandature précédente.

 

Les voici :

 

· Le déménagement de la DRH à porte d’Italie que personne ne veut, dont personne (mis à part peut-être ses instigateurs) ne comprend la nécessité mais que personne dans les services n’ose vraiment critiquer pour cause d’omerta et aussi peut-être par peur de représailles ?

 

Selon le sondage UNSA de l’automne dernier, 80% des agents sont opposés au déménagement, 42 % envisagent de quitter la DRH, 30 % y réfléchissent fortement, et 82 % se disent impactés par une augmentation du temps de trajet.

 

La Ville comme pour Bédier, ou quai de la Râpée a le don de se faire refiler des bâtiments dont personne ne veut, surtout les promoteurs, et dont l’opération financière est loin d’être favorable pour cette dernière (sauf peut-être à court terme, pour le budget de la Ville Finances grâce à quelques loyers capitalisés ?).

 

· La monétisation des jours de CET au-delà de 2 jours annuels est systématiquement refusée.

 

Outre la satisfaction des agents, elle permettrait de dégonfler les CET, en particulier pour ceux qui quittent leurs fonctions pour la retraite et qui en CET ne peuvent être réglementairement remplacés. Eu égard aux finances de la Ville, le coût serait marginal, même si contrairement au secteur privé, la Ville ne provisionne ni les congés payés, ni les CET.

 

· La revalorisation de l’indemnité télétravail ajournée pour l’éternité, alors que les personnels des administrations parisiennes de la Préfecture de Police relevant du budget spécial de la Ville de Paris sont alignés sur les modalités de l’indemnité de l’État, plus favorable. Une incompréhension de plus.

 

· Pour la PSC :

 

o   Le choix de la labellisation des contrats de mutuelles dans le cadre de l’AFS 2026 (Allocation Frais de Santé) versée mensuellement à partir de janvier est d’une complexité maximale, la liste officielle des contrats labellisés pour les collectivités locales étant mouvante toute l’année (le label étant de 3 ans) et les comparaisons avec les contrats non labellisés ont montré qu’ils étaient de 20 à 30% plus onéreux. Beaucoup de collègues restent sans mutuelles labéllisés, donc sur le carreau !

o   Pour le contrat de garantie de pouvoir d’achat, ou COLLECTEAM, reconduit pour un an par avenant, avec une augmentation maximale de 15 % sur les cotisations appliquées au 1er janvier 2026, sans que l’assiette de cotisation qui détermine évidemment l’assiette de remboursement (les codes primes des indemnités récurrentes prises en compte) soit toujours clairement définie et communiquée.

 

Côté social, les offres de l’AGOSPAP sont inversement proportionnelles en qualité à ce qu’on pourrait attendre de la première collectivité de France. Les Caisses des Ecoles doivent pouvoir accès à ces prestations.

 

Les repas de l’ASPP restent chers, le plat social obligatoire à 2,40 € est trop souvent absent très tôt, alors qu’il existe un engagement de maintenir celui-ci durant tout le service en proposant un plat de remplacement au même prix. Enfin, des repas végétariens proposés tous les jours, oui, une obligation, non.*

 

La Ville du ¼ d’heure, c’est aussi pour les agents avec des restaurants administratifs à proximité et des tickets restaurant pour ceux qui ne peuvent en bénéficier en raison de leurs horaires décalés.

 

Enfin, les attributions des médailles communales doivent être plus rapides. En effet, il est évident que l’agent peut difficilement prendre ses congés supplémentaires lorsque sa médaille lui est attribuée alors qu’il est déjà en retraite.

 

Concernant la DASCO, la DFPE, la DSP, la DSOL, nous condamnons avec la plus grande fermeté toute forme de violence, d’atteinte ou de mise en danger des enfants. Chaque signalement doit être traité avec sérieux, rigueur et dans le respect des procédures judiciaires et administratives.
Pour autant, nous refusons les amalgames dangereux qui jettent l’opprobre sur l’ensemble des professionnels de l’animation, du soin et de l’éducation, dont l’immense majorité exerce son métier avec engagement, éthique et sens des responsabilités.
La protection de l’enfance est donc une priorité absolue que l’UNSA partage pleinement. Elle exige des réponses sérieuses, efficaces mais surtout construites avec les professionnels concernés.
La responsabilité de la Ville est pleinement engagée, les dysfonctionnements sont structurels et systémiques et émanent aussi et surtout d’un manque de moyen.
Oui, et pourtant, les animateurs, les agents des écoles continuent d’effectuer leurs missions dans un environnement et des conditions dégradés : sous-effectif régulier et non-respect du taux d’encadrement aggravés par un recrutement peu qualitatif.

 

La Ville a répondu tardivement à ces dysfonctionnements, notamment avec des mesures inappropriées voire inefficaces comme la divulgation des noms et prénoms des agents sur un badge à destination des parents et usagers. Ces dispositions mettent en danger les agents, les exposant à de potentielles représailles en cas de conflits.

 

Cependant, nous avons bien noté les 6 axes majeur du nouveau plan d’action contre les violences faites aux enfants et la création d’une école parisienne du périscolaire à l’horizon de septembre 2026 avec un BAFA renforcé qui aura pour objectif 100 % d’agents diplômés. 

 

La situation du logement des agents ne s’améliore pas, particulièrement pour les métiers en tension. L’obligation pour les Maires d’arrondissements d’utiliser leur contingent doit faire l’objet d’une proposition de modification de la réglementation.

 

Enfin, l’UNSA tient à rappeler ses positions concernant un certain nombre de sujets récents :

 

· L’UNSA s’est abstenue lors de la signature de l’accord sur la démocratie sociale car si les instances représentatives fonctionnaient correctement et que la parole des agents était plus entendue, ce protocole n’aurait pas lieu de voir le jour.

· la déprécarisation des vacataires pour combler les postes vacants.

· de vrais moyens et non pas un affichage pour la reconversion professionnelle et la prévention des risques professionnels.

· la lutte contre la discrimination syndicale.

 

Maintenant, pour ce qui concerne les dossiers plus particuliers, sans être exhaustif, et sans faire un inventaire à la Prévert, car malheureusement les mêmes problèmes récurrents se recoupent, nous ferons un focus concernant :

 

· L’égalité femmes-hommes : les intentions sont belles mais les réalisations trainent pour répondre aux vrais besoins.

· Une clause de revoyure du protocole égalité Femme/Homme en y intégrant les Secrétaires Médicales et Sociales et les Adjoints Administratifs qui travaillent à la DSOL et la DSP par une revalorisation indemnitaire et un vrai déroulement de carrière.

· La prise en compte de la situation des agentes par la mise en place d’un congé de santé hormonale mais également, pour certains métiers, il est nécessaire qu’elles puissent disposer d'un espace à proximité de leur lieu de travail pour se changer si nécessaire ou si elles sont affectées à des postes en extérieur (engins de trottoir ou de chaussée, parcs…), pour qu’elles ne soient pas contraintes de consommer dans un café pour pouvoir se changer.

· S’agissant d’un des deux corps régis par décret statutaire, le corps des attachés d’administrations parisiennes, la transposition des textes de l’Etat en particulier pour la substitution d’un RPP plus favorable à la place de blocages liés à des % de promotions trop faibles, doit se faire rapidement.

· Le corps des secrétaires administratifs et des SMS fait aujourd’hui face à un déséquilibre structurel qui fragilise à la fois l’attractivité des postes et la motivation des agents.

· Le métier UGD mérite d’être reconnu comme un corps de Catégorie B et devraient y accéder, les adjoints administratifs exercent cette fonction RH avec beaucoup de professionnalisme, de compétence et d’écoute envers les agents. C’est un métier qui demande beaucoup de technicité tant sur la gestion administrative que sur le plan humain. 

 

La composition actuelle de ces corps révèle un blocage dans les parcours professionnels : plus de 60 % des agents sont positionnés en classe exceptionnelle pour les SA et 50% pour les SMS. Cela traduit un engorgement en fin de carrière, limitant fortement les perspectives d’évolution.

 

Les possibilités d’accès à la catégorie A restent extrêmement réduites voire nulles pour les SMS et cette situation crée un plafond de verre pour de nombreux agents, pourtant expérimentés et investis, qui ne peuvent envisager de progression statutaire à la hauteur de leurs compétences.

 

En parallèle, une inégalité de traitement apparaît entre filières.
Les filières technique et ouvrière bénéficient d’un débouché supplémentaire grâce à l’existence de l’emploi fonctionnel de chef d’exploitation. Les filières administratives et médico-sociale, quant à elles, ne disposent pas d’un dispositif équivalent, ce qui accentue encore le manque de perspectives pour les Secrétaires administratifs et les Secrétaires médico-sociales.

 

Cette combinaison de facteurs (blocage des carrières, accès limité ou empêché à la catégorie A et absence de débouchés fonctionnels) engendre une démotivation croissante des agents. Beaucoup expriment un sentiment de non-reconnaissance de leurs compétences, de leur expertise et de leur engagement au service de l’administration.

 

Pour les ATEE, (adjoint technique des établissements d’enseignement), et les EAPS (Educateurs d’activités physiques et sportives) une revalorisation significative de leur IFSE. Pour les ATEE, la possibilité de prendre 3 jours de congés en dehors des vacances scolaires, et la création d’une spécialité maintenance informatique.

 

Pour la DEVE :

· la reconnaissance des pénibilités sous évaluées au regard des missions

· un sous-effectif général, comblé par du personnel non qualifié et le recours à des prestataires extérieurs

· le nombre de médecins du SMP alloués à la DEVE toujours en baisse, la souffrance au travail,

· due à des encadrants toxiques est réglée par le déplacement de la victime. Remarque qui peut être généralisée à d’autres directions de la Ville.

· pour les cimetières l’UNSA demande la hausse de l’IFSE funéraire.

 

Pour la Police Municipale Parisienne et tout particulièrement en catégorie C :

 

Nous notons des difficultés organisationnelles persistantes liées au manque d'effectifs.
Paris est devenu une plaque tournante de formation mais qui n’arrive pas à fidéliser ses agents qui une fois formés partent en banlieue ou en province.
Des problèmes liés à la formation et à l'accompagnement professionnel, le manque de moyens matériels adaptés, des équipements de protection, de véhicules, d'outils de communication, la liste est longue tant les besoins sont criants….
Là encore, on constate des managements toxiques, avec une mise en insécurité sur certaines missions, un manque de reconnaissance des RPS qui contribuent à une dégradation du moral des agents et à un manque de motivation.

L’UNSA maintient sa position en faveur de l’armement de la police municipale parisienne.

 

Pour la DPE :

 

Une revalorisation à sa juste valeur de l’IFSE des éboueur -e-s et égoutier-e-s au regard de l'importance essentielle et de la pénibilité de leur mission.
Pour résorber le malaise des agents, souvent amenés à encadrer leurs collègues sans en avoir le statut officiel et faisant fonction, il faudrait que les agents avec 10-15 d'ancienneté puissent accéder aux fonctions de TSO par un examen oral à l’instar de celui des TSO Transports.
Les « quart Heures de sécurité ponctuelle » aujourd’hui mis en place en cas d'accident devraient être continus. Les agents doivent pouvoir connaitre leur organisation de travail et bénéficier d’engins conformes et en parfait état d’utilisation car ils interviennent sur la voie publique et ils mettent en danger leur sécurité ainsi que celle des riverains et des passants.

L’UNSA demande la création d’un renfort d'agents volants en division pour pallier le manque d'effectifs qui amène un agent à travailler sur quatre postes et la mise en place d'au moins une journée de télétravail par semaine pour alléger la charge administrative des agents, notamment ceux en reclassement pour raison de santé.

 

En conclusion, il ressort de cet inventaire des sujets communs et récurrents dans toutes les directions : management toxique, sous-effectif et surcharge de travail, sentiment d’une non- reconnaissance de la spécificité des métiers, de leur pénibilité voire de leur importance pour que la Ville de Paris puisse continuer à bien fonctionner et à rendre aux Parisiens le service qui leur est dû mais dans de bonnes conditions.

 

En effet, nous le savons bien, Paris n’est pas une ville lambda mais une ville capitale. Depuis

1540, tout le monde sait que « Paris n’est pas une ville, c’est un monde », et il faut qu’elle ait une administration qui ait des moyens et une reconnaissance à la hauteur de cette responsabilité.

Tels sont les sujets sur lesquels il nous faudra travailler et pour lesquels nous seront combatifs. 

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