La santé des agent-es de la DFPE se dégrade !
L'UNSA demande le renforcement du Service Médical de Prévention ( SMP) pour un meilleur accompagnement des agent-es. Retrouvez notre déclaration liminaire en FSSSCT du 17 février.
DECLARATION LIMINAIRE DE L'UNSA A LA FS-SSCT DE LA DFPE DU 17 FEVRIER 2026
Paris, le 17 février 2026
Le bilan 2024 du Service Médical de Prévention met en lumière une réalité préoccupante : la santé des agents se dégrade, tandis que les moyens du service restent sous tension.
Malgré une baisse des effectifs médicaux et un contexte réglementaire en évolution, le SMP a maintenu ses missions essentielles. La structuration des entretiens infirmiers, le développement des VIP et le recours à la téléconsultation témoignent en effet d’une réelle capacité d’adaptation.
Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 945 visites d’aménagement de poste à la DFPE.
- Plus d’une conclusion médicale sur deux aboutit à un aménagement.
- Une forte augmentation des visites occasionnelles, dont plus de 55 % à la demande des agents.
- 90 situations de reclassement en 2024, contre 74 en 2023.
Ces données traduisent une tendance lourde : vieillissement des agents, progression des pathologies chroniques, augmentation des situations d’usure professionnelle et dégradation des conditions de travail.
Une difficulté majeure : l’accès au Service Médical de Prévention.
De nombreux agents rencontrent des délais très longs pour obtenir un rendez-vous. Certains restent sans réponse. D’autres attendent pendant des semaines, voire davantage, avant de pouvoir exercer leurs missions en cohérence avec leur état de santé.
Cette attente génère du stress, de l’inquiétude, et affaiblit des agents déjà fragilisés.
Le taux d’absences aux visites périodiques atteint 30 %.
Ce chiffre interroge fortement dans un contexte où les créneaux sont rares et difficiles à obtenir. Comment optimiser les rendez-vous ? Comment éviter cette perte de temps médical précieux alors que les besoins explosent ?
Par ailleurs,les aménagements de poste préconisés ne sont pas toujours respectés sur le terrain, faute de moyens ou d’organisation adaptée. Un aménagement non appliqué est un risque aggravé pour la santé de l’agent.
Concernant les visites occasionnelles, une question demeure : toutes les demandes ont-elles pu être honorées ? Si ce n’est pas le cas, à quel pourcentage de demandes non satisfaites faisons-nous face ? Ces données sont indispensables pour mesurer l’écart entre les besoins et les capacités réelles du service.
Le décret n° 2022-1043 du 22 juillet 2022 constitue une avancée importante insuffisamment accompagnée de moyens.
Il prévoit un accompagnement renforcé en matière de prévention de l’usure professionnelle, de maintien dans l’emploi et de transition professionnelle. Sur le principe, nous ne pouvons que soutenir cette ambition.
Mais sur le terrain, la réalité est plus complexe.
De nombreux agents se retrouvent confrontés à une inaptitude alors qu’ils disposent de peu de formation ou de perspectives de reconversion. Les parcours sont longs, incertains, souvent vécus comme une épreuve supplémentaire. Beaucoup se disent désemparés face à leur situation.
Un texte protecteur ne suffit pas s’il n’est pas accompagné de moyens humains, médicaux, organisationnels et financiers à la hauteur des enjeux.
Il est indispensable d’informer davantage, de prévenir plus tôt l’usure professionnelle, de renforcer les équipes pluridisciplinaires – notamment en santé mentale – et de garantir un véritable accompagnement des transitions professionnelles.
La santé des agents ne peut pas être une variable d’ajustement. Le SMP tient et s’adapte. Mais les indicateurs montrent une pression croissante.
Il est temps de donner aux acteurs de la prévention les moyens d’agir pleinement !
Tous vos élus et représentants du personnel de l’UNSA,
toutes les infos à retrouver sur notre IntraParis UNSA.






