Le projet de service de la Santé Scolaire constitue un enjeu majeur.

Le projet de service de la Santé Scolaire constitue un enjeu majeur.

L’UNSA soutient les évolutions qui contribuent à améliorer la qualité du service public. Elle veillera cependant à ce qu’elles soient accompagnées des moyens humains, matériels et organisationnels nécessaires et qu’elles ne se traduisent pas par une charge supplémentaire pour des équipes déjà fortement sollicitées - retrouvez notre déclaration en CST DSP du 16 octobre 2026


DÉCLARATION LIMINAIRE DU SYNDICAT AUTONOME UNSA AU CST DE LA DSP DU 16 OCTOBRE 2026

 

À Paris, le 16 octobre 2026

 

Le projet de service de la Santé Scolaire constitue un enjeu majeur.

 

Pour l’UNSA, les ambitions affichées devront désormais se traduire concrètement dans les services : par des moyens humains suffisants, des investissements adaptés, des recrutements là où les besoins sont identifiés et un calendrier permettant aux collègues de savoir précisément quand les engagements annoncés seront réellement mis en œuvre.

 

Lors du précédent CST de juin, l’UNSA avait déjà alerté sur plusieurs difficultés persistantes : des déplacements encore trop nombreux entre les écoles, le partage des bureaux qui restent contraignant, l’insuffisance de cabinets de regroupement, des moyens matériels insuffisants ainsi que les difficultés rencontrées au sein des binômes infirmières – secrétaires médico-sociales.

 

La Direction avait d’ailleurs reconnu que certains secteurs demeuraient insatisfaisants et que le maillage des cabinets de regroupement devait encore être renforcé.

 

Nous attendons désormais des réponses précises : quels secteurs seront considérés comme prioritaires ? Quel calendrier est envisagé pour le déploiement de cabinets de regroupement ?

 

Les recrutements d’IDE et de SMS doivent suivre les besoins réels des services. Il ne serait pas cohérent de renforcer certains métiers sans renforcer simultanément les fonctions indispensables à leur fonctionnement quotidien et lorsqu’il manque un maillon, c’est tout le trinôme qui en est déséquilibré avec des SMS qui se retrouvent à devoir se partager entre plusieurs médecins et/ ou plusieurs IDE, comme c’est le cas dans le 19ème (4 SMS pour 6 MED et 5 IDE).

L’UNSA souhaite donc connaître les traductions concrètes des annonces faites car les collègues attendent désormais davantage de réalisations visibles sur le terrain.

 

Car pendant ce temps sur le terrain, les conditions de travail dégradées

perdurent…

 

Dans le territoire 8/17, les collègues nous ont envoyé des photos des 5 groupes scolaires de leur secteur et elles témoignent de la réalité quotidienne vécue par les équipes de santé scolaire : un manque de considération pour leur travail.

 

Des travaux dans une école pendant l’été mais pas pour le local attribué à la santé scolaire ; des changements de bureau sans en être averti au préalable, des locaux attribués qui ne correspondent pas à ce que les collègues sont en droit d’attendre pour accueillir les enfants et réaliser des examens.

 

Les personnels ne devraient pas avoir à découvrir à la rentrée que leur nouvel environnement de travail ne permet pas d’exercer normalement leurs missions.

 

Dans un autre groupe scolaire, le cabinet médical et le bureau de l’assistante sociale attenant ont été réaffectés à la création d’une « salle zen ». Là encore, les collègues n’ont pas été avertis, la direction de l’école leur a proposé un espace en école élémentaire, un espace éloigné des classes de maternelle et insuffisamment adapté pour la réalisation des dépistages.

 

On ne peut que regretter le manque de concertation préalable entre les équipes de l’Education Nationale, la DASCO et le service de santé scolaire et qu’une solution de remplacement adaptée aurait pu précéder cette réorganisation.

 

À cela s’ajoutent des problèmes de clés (des clés cassées ou disparues !), d’armoires vandalisées ou encore inaccessibles : l’armoire de stockage du matériel se retrouve dans une réserve dont l’encombrement empêche l’accès : ce n’est pas une situation normale de travail : le matériel de dépistage ne peut être relégué au milieu d’autres objets, comme s’ils ne faisaient pas partie des besoins du service.

 

Les collègues remontent une fois encore des conditions d’exercice difficiles dans certaines écoles : les dépistages se déroulent souvent dans des dortoirs indisponibles l’après-midi, dans des salles polyvalentes utilisées par plusieurs intervenants ou dans des espaces peu adaptés éloignés des classes voire aucun lieu désigné pour faire les bilans infirmiers. Comment faire des dépistages dans ces conditions ?

 

Certains binômes prennent plusieurs enfants en même temps (le nombre total

d’enfants affecté par binôme est réparti de manière inéquitable), cela pose question

quant à la confidentialité de l’accueil de la parole de l’enfant.

 

Le service prévoit de reprendre les bilans en CE2, ce qui constitue une prise en

compte de la santé de l’élève au-delà de la maternelle.

 

En revanche, nous émettons des réserves quant aux effectifs alloués pour cette nouvelle mission (on compte environ 12000 CE2 sur Paris, chiffres de 2025) et ce, avec des locaux que nous n’avons plus puisqu’ils ont été récupérés par le service social scolaire, les psychologues de l’Education Nationale, ou autres intervenants. L’ambition affichée du service est louable mais il faudrait établir une cartographie précise des lieux où ces bilans pourraient se tenir dans de bonnes conditions. Ne rajoutons pas une difficulté supplémentaire à celle rencontrée en maternelle.

 

Sur ce secteur, comme sur beaucoup d’autres, l’absence de point de pause méridienne sur place oblige les collègues à retourner vers un pôle de regroupement parfois distant. La répétition des difficultés oblige les personnels à s’adapter en permanence au détriment de leur temps, de leur confort de travail et de la continuité des interventions.

 

Ce qu’ils.elles demandent c’est  simplement d’avoir les moyens de remplir leurs missions, ainsi que du respect et de la considération.

 

Quant à l’évolution de NOVA Santé scolaire, la montée de version a été annoncée comme une priorité pour le premier semestre 2027. Nous souhaitons que cet engagement soit confirmé et qu’une information régulière soit communiquée aux représentants du personnel.

 

Enfin, s’agissant de la mise en œuvre du protocole FIJAISV 2026-2028, l’UNSA sera vigilante quant aux conditions dans lesquelles ce dispositif sera appliqué aux collègues.

 

La protection des publics est évidemment une exigence que nous partageons pleinement. Elle doit néanmoins s’accompagner d’une information claire des personnels, du strict respect de la confidentialité des situations individuelles et d’un accompagnement adapté des collègues lorsque leur situation nécessite des explications ou des démarches particulières.


L’UNSA soutient les évolutions qui contribuent à améliorer la qualité du service public. Elle veillera cependant à ce qu’elles soient accompagnées des moyens humains, matériels et organisationnels nécessaires et qu’elles ne se traduisent pas par une charge supplémentaire pour des équipes déjà fortement sollicitées.