Retraites: l'éditorial de Pierre Raynal secrétaire général du SNADEM-UNSA

Retraites: l'éditorial de Pierre Raynal secrétaire général du SNADEM-UNSA

Après 9 réformes des retraites en près de 30 ans, nous avons entendu tout et son contraire pour légitimer la mise en place de celles-ci. 


Lucidité, schizophrénie ou question de temporalité ?


Dans sa conférence de presse du 25 avril 2019, Monsieur Macron tenait les propos suivants :« Tant qu’on n’a pas réglé le problème du chômage dans notre pays, franchement ce serait assez hypocrite de décaler l’âge légal. Quand, aujourd’hui, on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu’on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans (…). Alors, on va dire : “Maintenant, il faut passer à 64 ans ?” Vous ne savez déjà plus comment faire après 55 ans. Les gens vous disent : les emplois ne sont plus bons pour vous. C’est ça la réalité (…). On doit d’abord gagner ce combat avant d’aller expliquer aux gens : “Mes bons amis, travaillez plus longtemps.” Ce serait hypocrite. »

 

Aujourd'hui, le temps est manifestement venu d'expliquer aux gens, sans hypocrisie aucune : « Mes bons amis, travaillez plus longtemps.” Ainsi Monsieur Macron est-il venu nous annoncer les yeux dans les yeux, mercredi 26 octobre sur France 2, que l'âge de départ à la retraite serait reculé jusqu’à 64 ans en 2027 avant d'atteindre 65 en 2031.

 

Autre hypothèse : une négociation pourrait avoir lieu avec les partenaires sociaux sur la base d’un départ à 64 ans moyennant un allongement de la durée de cotisation.

 

Pour le SNADEM, la chose est catégorique : ce n’est pas un jour de plus. Après 9 réformes des retraites en près de 30 ans, nous avons entendu tout et son contraire pour légitimer la mise en place de celles-ci. Il faut bien reconnaître qu'à chaque fois le contexte avait évolué et que les protagonistes étaient différents. Mais que penser du grand écart de Monsieur Macron. Entre avril 2019 et octobre 2022 se sont écoulées 3 années et demi pendant lesquelles la situation du chômage ne s’est pas franchement améliorée et le pouvoir d'achat des Français non plus. En revanche, le discours, lui, a totalement changé.

 

Mais rassurez-vous chers collègues fonctionnaires : « le mode de calcul restera inchangé”. Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. Les gouvernements successifs enchaînent les réformes des retraites, aggravant les régressions au point d’ouvrir toujours plus la porte aux fonds de pension. Nous ne pouvons accepter de nous laisser vampiriser de la sorte. En décembre 2019, la mobilisation avait fait reculer le gouvernement, aujourd'hui, celle-ci devra être encore plus forte pour faire reculer un gouvernement déterminé.

 

L'avenir de nos retraites dépend donc de notre capacité collective à défendre les intérêts de tous.

 

Le SNADEM prendra toute sa part dans ce combat et n'acceptera aucune régression sociale.

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